La zone dans laquelle évolue le Rainbow : Pas la Place de la Concorde mais pas un désert, loin de là...
Par Stéphan Beaucher, dimanche 27 mai 2007 à 20:26 :: En direct du bureau :: #6 :: rss

Le "poste de travail" d'un de nos observateurs quelque part sur une falaise méditerranéenne
La pêche au thon est une des nombreuses pêcheries qui se pratique sur frayères, c’est-à-dire sur les zones de rassemblement prénuptial et d’accouplement des poissons. C’est à ce moment, et à ce moment-là seulement que les thons se rassemblent en bancs, ce qui permet de le capturer avec des engins de pêche intensifs et productivistes. En dehors de cette période, les thons vivent en petites cohortes et la senne tournante n’est plus opérante. Le thon rouge de l’Est Atlantique/Méditerranée (juridiquement parlant, il s’agit d’un stock unique géré par la même commission de l’ONU, l’ICCAT) se reproduit sur 4 zones seulement : Le Golfe du Mexique où sa pêcherie est très strictement encadrée et contrôlée, les Baléares, les eaux libyennes et la chevilles de la botte italienne. Voilà pourquoi le thon de Méditerranée revêt un caractère aussi éminemment stratégique (financièrement parlant), pourquoi des gouvernements font la sourde oreille lors des conseils des ministres à Bruxelles, pourquoi La Commission Européenne « roupille » plutôt que de prendre le taureau par les cornes et pourquoi enfin certains professionnels (pas tous, c’est à souligner) vilipendent Greenpeace à tour de bras et la vouent aux gémonies.
Le décor
Au début de l’été, la température de l’eau sur le flanc sud de la Méditerranée augmente rapidement. Quand elle atteint 22 degrés en surface une étrange agitation saisit les ports dans lesquels les bateaux sont pré-positionnés en attente et les moteurs se mettent à tourner.
Dès qu’elle franchit les 23-24 degrés, le thon rouge monte en surface et les hostilités peuvent commencer. Toute une escouade se met en branle avec un seul et unique objectif : capturer autant de thons que possible avant que la météo change, avant que le thon sonde (redescende dans les profondeurs). Chacun a son rôle et connaît sa partition sur le bout des doigts…
Bien sûr, tout cela n’est qu’un mode opératoire que le temps et l’expertise ont optimisé au fil des années. En aucun cas il ne s’agit d’une science exacte. Il se peut, et c’est heureux pour le thon rouge, qu’un banc repéré par un avion disparaisse en quelques minutes avant que le senneur ait le temps de l’accoster ou encore que le banc explose pendant le déploiement de l’engin de pêche, la senne tournante.
Pour présenter en quelques chiffres les acteurs :
Plus de 650 senneurs, près de 850 palangriers, et une soixantaine de cargos congélateurs ont une licence ICAAT.
Bien sûr cela ne signifie pas que tous ces bateaux opèrent simultanément sur zone, mais cela indique que l’on y croise plus de monde que sur certaines routes du Larzac, de l’Arizona ou encore du bush australien :->.
Le rainbow Warrior, quant à lui ne disose d'aucune licence ICCAT :->
Il se contente d’exercer son droit de "passage innocent" (le terme consacré dans le droit maritime). Son équipage photographie, compte, documente et prépare les prochaines échéances internationales…
Son travail vient compléter des observations à terre réalisées par des bénévoles dans plusieurs points stratégiques. Toutes les données sont compilées pour "reconstituer" au plus près la réalité des mouvements, introduire une cohérence dans ce qui apparaît a priori comme chaotique (une calée signalée à tel endroit, le départ d'un remorqueur dans un autre et des mouvements de cages dans un troisième...)
Voyons un peu qui fait quoi dans ce ballet orchestré à la minute près.
Les avions de repérage (spotter planes)
La pêcherie du thon rouge est en quelque sorte une pêche « sur rendez-vous » : On ne capture pas le thon en « pêchant l’eau » comme le font souvent les chalutiers, c’est-à-dire en traînant un engin de pêche sur des dizaines de kilomètres. Non ; on se rend sur place pour capturer un banc dûment repéré et si possible quantifié à l’avance.
C’est le rôle des avions de repérage. L’an dernier ils étaient encore une cinquantaine à opérer en Méditerranée; Cinquante avions, payés par les armateurs pour survoler la mer et repérer les masses sombres proches de la surface, évaluer à vue l’importance des bancs.

Avion de repérage sur fond de ciel d'azur; les vols peuvent durée 5 heures et les guetteurs doivent avoir un oeil très bien entraïné pour détecter et interpréter toute variation chromatique en surface
À noter que les méthodes de repérage ont été optimisées au cours des dernières années. Alors que les avions sillonnaient la Méditerranée « à l’aveugle » ou presque, depuis quelques années on a recours à l’imagerie satellitaire. Des analystes basés à terre, voire à bord des bateaux traquent sur les images les zones dans lesquelles la hausse de température de l’eau en surface subit des variations atypiques à la hausse. On envoie alors l’avion vérifier une hypothèse et non chercher des bancs de thons.
IMPORTANT
Normalement, on aurait du ne voir aucun avion cette année si les recommandations de l’ICCAT avaient été entérinées notamment par l’Union Européenne. Mais les jeux politiques en ont décidé autrement : La France et l’Italie (bénéficiaires des plus gros quotas) ont ferraillé lors des conseils des Ministres des pêches en avril et mai derniers à Bruxelles pour repousser la transposition de Dubrovnik dans le règlement communautaire. On peut s’attendre à ce que cette obstruction prenne fin lors du Conseil des 11 et 12 juin prochains. Au vu de la saisonnalité de cette pêcherie, ces deux pays auront gagné un an et c’était bien là l’objectif essentiel. Un an pendant lequel les flottilles thonières auront pu sillonner les eaux les plus riches de la Méditerranée en dehors de tout contexte réglementaire, sans qu’aucun observateur soit embarqué à bord des unités de pêche. Le rêve…
Donc, cette année encore, les avions s’en sont donné à cœur joie. Opérant généralement à l’abri des regards à partir de petits aérodromes maltais, tunisiens, siciliens et libyens (liste non exhaustive) ils ont cette année, une fois encore, joué leur rôle de chien de chasse.
Les senneurs (purse seiners)

Un thonier senneur ; superbe bateau, totalement conçu pour la pêcherie qu’il pratique. En fait une mante religieuse : Sa beauté cache un instinct de « tueur ».
Le senneur est un « navire amiral » d’environ 40 mètres de longueur, généralement le plus rapide, le mieux équipé en grues hydrauliques et en matériel électronique de détection (sonars et radars notamment). Il coordonne les mouvements de toute une escadrille sans laquelle il serait totalement inopérant.
C’est le bateau chargé d’aborder le banc de thon et de l’encercler (dans le jargon on dit « caler la mate »). Le but est de capturer le banc vivant car les thons sont destinés aux fermes d’engraissement. L’opération est délicate et toute fausse manœuvre peut entraîner au minimum l’éclatement du banc de thon jusqu’à des accidents très graves lors de certaines phases, en particulier lors du relevage, lorsque les câbles travaillent dans des tensions qui peuvent dépasser les 100 tonnes. L’équipage est donc constitué de spécialistes formés à travailler vite, longtemps et bien.
L’opération se déroule en trois étapes.
À l’arrivée sur le banc, le senneur dépose sur l’eau un skiff plus trapu que les autres, qui tient dans son "poing" (un anneau) l'extrémité de la senne, un filet qui peut mesurer plus de deux kilomètres de long et près de 200 mètres de large (profondeur en fait une fois déployée dans la couche d'eau).
Puis tout va très vite : une escouade de petites embarcations rapides, les skiffs et de bateaux d’assistance tracte la senne en rond autour du banc et l’étire au maximum vers l’extérieur, jusqu’à rejoindre le poing de la senne, toujours tenu par le skiff. Toute la difficulté est d’agir vite mais sans provoquer de panique dans le banc qui pourrait en provoquer l’éclatement ou des crises cardiaques en grand nombre le thon étant extrêmement sensible au stress (comme le cochon, on l’ignore souvent…). Là encore la technicité et l’expérience des acteurs jouent un rôle déterminant.
La senne se révèle être une invention aussi astucieuse que diabolique ; en partie basse, sous l'eau, elle comporte des anneaux dans lesquels circule un câble reliés par ses deux extrémités aux treuils du senneur. La suite est un jeu d'enfant comme on tire les cordons d’une bourse, les treuils entrent en action et la senne se referme par le bas.
Aprtès le "virage" du fond de senne, on a alors ce que l’on appelle une « louche ». La situation est la suivante : Le banc est prisonnier d’une demi sphère en filet et les thons se mettent à tourner. Pour l’anecdote, il paraît que comme l’eau dans la bonde d’un lavabo, ils tournent dans un sens dans l’hémisphère nord et dans l’autre une fois franchis les tropiques. Mais n’étant pas allé vérifier sur place je ne certifie pas la véracité des cette histoire mais elle est tellement belle…
Il faut maintenant trouver un moyen d’extraire tous ces poissons qui tournent dans une cage qui a le ciel pour couverckle. Si le poisson est destiné à l’engraissement (ce qui est généralement le cas) la senne est alors maintenue en tension vers l’extérieur de manière à maintenir la plus grande marge de mouvement aux thons, jusqu’à l’arrivée du remorqueur.
S’il est destiné au marché du mort, elle est "souquée" (relevée) par un côté comme on le ferait pour vider une bâche qui aurait pris l'orage. Les poissons sont alors saignés au plus vite afin de limiter le dégagement d’histamine et d’acide lactique (la couronne brunâtre autour de l’os dans le steak de thon). Un cargo congélateur est déjà à l’approche qui prendra en charge les carcasses.

Une "meute" à l'escale à Malte
À NOTER : La senne tournante est appelée « bolinche » en Bretagne, où elle est utilisée de manière opportuniste sur les espèces semi-pélagiques (sardine, daurade, sar et dans une moindre mesure le bar).
Les bateaux d’assistance (supply ships)
Les bateaux d’assistance sont généralement des senneurs de petite taille (une vingtaine de mètres), à la motorisation un peu poussive ou encore ayant atteint un âge canonique. Outre qu’ils ont un rôle actif dans la pose de la senne, ils se chargent de multiples tâches ingrates : avitaillement, entreposage, mécanique… toutes fonctions logistiques sans lesquelles la pêche à la senne ne serait pas possible. Ils sont également chargés du transport des plongeurs responsables du transbordement du thon vivant à l'intérieur des cages de transport.

Les obscurs, les sans-grade ne paient pas de mine, mais sans eux la machine parfaitement huilée se griperait très vite…
Les remorqueurs (tugboats)
C’est le développement de l’engraissement (tuna ranching) qui a provoqué l’emballement de la pêcherie à la senne, la seule qui permette de capturer du thon vivant. Seulement voilà ; les fermes sont situés dans des zones bien abritées à la côte, proche des entrepos à partir desquels les engraisseurs les gavent 6 jours par semaine à l’aide d’une bouillie congelée constituée à base de poissons gras.

Remorqueur en traction le long de la côte maltaise
Entre les zones de pêche et les baies côtières, c’est donc une noria de remorqueurs qui fait la navette entre les zones de pêche et les fermes d’engraissement situées notamment en Turquie, en Croatie, en Italie, en Tunisie et en Libye même. À noter que l’Espagne, qui a longtemps fait figure de précurseurs en la matière est depuis quelques années en perte de vitesse essentiellement pour des raisons de coût. À celui de la main d’œuvre s’ajoute celui du transport depuis les zones de pêche qui se concentrent aux alentours de la Libye et de l’Égypte alors que les fermes espagnoles ont été mises en place quand les Baléares constituaient encore un réservoir à thons rouge alors que ce stock est maintenant quasiment épuisé.
Là encore, la manœuvre est délicate.
Elle consiste à approcher la cage de remorquage aussi près que possible de la senne puis à faire une ligature entre les deux filets puis enfin à découper un boutonnière dans la partie ligaturée.
Dans le sas ainsi constitué prend place un plongeur-compteur.
Tandis que l’on relève doucement le bord opposé de la senne dans laquelle s’activent d’autres plongeurs, un peu comme le ferait un berger pour rabattre ses brebis vers l’entrée de l’enclos. Par parenthèse, cette comparaison n’est plus de mise : Depuis que les brebis sont laissées en pâturage libre la nuit, le loup est soit-disant devenu un « problème ». Fin de la parenthèse pastorale.
Le plongeur-compteur évalue le transfert en nombre de bêtes et en poids. Son verdict servira par la suite de base à toute la chaîne de facturation jusqu’à la ferme d’embouche ; il endosse donc une énorme responsabilité.
Commence alors une traversée interminable. Pour des raisons liées au stress et au risque de perte des poissons le convoi se déplace à 2 nœuds environ (moins de 4 Km/h). Quand les eaux libyennes ont été ouvertes, il y a moins de 10 ans, le remorquage vers les fermes espagnoles pouvait durer un mois. Pendant toute la traversée, les poissons ne sont pas nourris, à la fois pour des raisons techniques et biologiques ; ils sont trop stressés pour absorber quoi que ce soit.
Cet état de jeun se poursuit pendant environ 15 jours après leur entrée en cage, toujours pour des raisons de stress. Le début de nourrissage est une phase délicate car les estomacs des poissons après plusieurs semaine de jeun se sont refermés. Commence alors la course au poids et au taux de lipide : En moins de 3 mois, il faut que le poisson ait atteint un poids de 15 à 20% supérieur à celui qu’il pesait lors de sa capture.
La phase de remorquage est elle aussi extrêmement délicate car le taux de mortalité en cours de transfert peut très facilement dériver au-delà du seuil qui fait qu’une opération est rentable ou non. Un remorqueur tracte en général deux cages d’une capacité unitaire de 150 tonnes. À noter que de plus en plus souvent ce sont des chalutiers affrétés par les senneurs qui traînent les cages. Plus ou moins désoeuvrés, certains pêcheurs préfèrent la rente journalière avec un équipage réduit aux incertitudes de la pêche avec les aléas induits par la surpêche qui sévit depuis près de 30 ans.
Les bateaux-piscine et les cargos congélateurs (reefers)
Comme évoqué plus haut un senneur seul n’est pas opérationnel ; il a besoin de toute une logistique en amont (avions « renifleurs ») et en aval (bateaux d’appui). Parmi ces derniers, il est une catégorie très spécifique : les bateaux-piscine et les cargos congélateurs.

Un reefer : Silhouette typique du cargo avec ses mâts de charge et ses grues
Les bateaux-piscine, ainsi nommés car ils travaillent à l'aide de bassin de "glace liquide", sont chargés d’évacuer le poisson mort vers les ports. Ces poissons morts peuvent avoir plusieurs origines : soit ils sont issus d’une pêcherie destinée au marché du frais, soit ils ont été pêchés par des palangriers (voir ci dessous), soit ils sont morts accidentellement en cours de transfert. On a même relaté des cas où un remorqueur arrivé partiellement chargé n’a pas pu embarquer la totalité d’une mate : Le reliquat a été tout simplement abattu et embarqué sur des cargos congélateurs.
Parmi les cargos surgélateurs il est une sous catégorie qui a une fonction encore plus particulière que l’ion appelle les reefers vautours. Ils sillonnent les zones de pêche et achètent à vil prix les poissons morts dans les cages de remorquage, ceux qui sont trop endommagés pour être commercialisés… En résumé tout ce dont personne ne veut, mais qui présente encore une valeur résiduelle. Ces poissons sont expédiés sur des filières du « second marché » notamment dans les pays du sud-est asiatique.
IMPORTANT
Le mode opératoire des cargos surgélateurs repose sur le transbordement en mer, ce qui constitue un élément important de l’opacité qui règne sur cette pêcherie. C’est pourquoi, en novembre 2006, l’ICCAT a décidé de mettre de l’ordre dans cette pratique. Désormais, les transbordements devront être déclarés et documentés 24 heures à l’avance et ne pourront avoir lieu que sur certains points autorisés et a priori surveillés.
Les palangriers (longliners)
Ces bateaux essentiellement asiatiques (Chine, Corée, Japon et Taiwan) pratiquent la palangre posée. Cela consiste à immerger un filin de plusieurs dizaines de Km de longueur, filin porteur de plusieurs milliers d’hameçons boètés (eschés). En sud Bretagne, deux palangriers franco-espagnols (encore un montage basé sur le principe du pavillon de complaisance et du quota « partagé ») utilisent des palangres de quinze mille hameçons.
En Méditerranée, les palangriers sont spécialisés dans le marché du « GG » (poisson saigné et éviscéré) surgelé sur le lieu de capture et expédié principalement au Japon.

Palangrier. L'hameçon; l'autre manière de capturer le thon en Méditerranée
En combinant les paramètres (profondeur d’immersion des hameçons, taille des hameçons et nature de l’appât,) les palangriers pratiquant à la palangre immergée parviennent à pratiquer une pêche relativement sélective qui cible les gros sujets et provoque peu de captures accessoires (autres espèces de poissons, dauphins, oiseaux). Un équipage entraîné mené par un capitaine qui a du « nez » peut pêcher sans difficulté 200 tonnes de thon rouge dans la saison.
Les fileyeurs (drifnetters)
À la fois outsiders et outlaws de la pêcherie, les fileyeurs au maillant dérivant ne devraient plus faire partie du paysage depuis 2002, année de leur interdiction. Pourtant dans 2 pays européens, l’Italie et la France la corporation de la pêche a refusé cette interdiction. En Italie ce sont les grands fileyeurs côtiers qui ciblent l’espadon et le thon rouge et en France ce sont les thonailleurs et leur filets plus petits qui capturent les mêmes espèces.
Mais sur le flan sud de la Méditerranée ni les fileyeurs italiens, ni les thonailleurs français ne sont présents. Ceux qui opèrent là-bas sont principalement originaires des pays du Maghreb. Pour la Tunisie c’est une certitude, de fortes présomptions pèsent sur l’Algérie et on parle également d’une flottille marocaine. Selon toute vraisemblance, ces pays ont acheté d’occasion des milliers de Km de filets à des armements européens en 2002 lors de l’entrée en vigueur de l’interdiction de cet engin.
À cette occasion, certains armateurs ont, sans vergogne, doublé la mise en empochant les dédommagements prévus par la Commission Européenne d’une part et en revendant les engins bannis de l’autre. Comme quoi l’Europe a du bon (et même du très bon :->), même et surtout pour ceux qui la traînent dans la boue à longueur de discours…
Commentaires
1. Le lundi 28 mai 2007 à 13:09, par francois-catz
2. Le mercredi 6 juin 2007 à 22:50, par ksou
3. Le vendredi 8 juin 2007 à 23:38, par francesco
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