Que cache donc le Daniela?
Par Greenpeace France, jeudi 21 juin 2007 à 17:04 :: Journal de Bord :: #17 :: rss
Dernier épisode en date : lundi soir, nous nous sommes aperçu de la présence du Daniela à environ 30 milles de nous. Il s'agit d'un navire surgélateur panaméen opérant pour Ricardo Fuentes, opérateur majeur espagnol de la filière du thon. Il exploite une flotte de navires, possède des fermes d’engraissement et est présent à tous les stades de la chaîne de production (thoniers, remorqueurs, surgélateurs, fermes).
Le transfert en mer des thons dans un surgélateur étant maintenant interdit, nous sommes curieux d’aller voir de plus près les activités de ce Daniela là ( :->). Nous nous rendons donc sur zone et attendons toute la nuit pour voir si un thonier vient lui livrer sa pêche. Au matin, toujours rien : nous restons attentifs au moindre signal radar, mais rien ne bouge. Ce bateau ne fait certes rien de répréhensible, mais pourquoi est-il là à dériver au milieu de nulle part ?

Le Daniela : reefer panaméen, équipage coréen, travaillant pour un opérateur espagnol
Cette attente est mise à profit pour organiser un « boat-training » pour permettre aux membres de l'équipage de se perfectionner et/ou se former à la conduite des zodiacs. Une fois ceux-ci remontés sur le pont, on enchaîne : cette fois c'est un "homme à la mer!" qu'il nous faut d'abord retrouver puis ramener à bord ! Ces exercices réguliers nous permettront bien sûr d'être plus efficaces en situation réelle...
Nous sommes toujours en dérive à proximité du Daniela. Et c'est ce mercredi matin que nous décidons d'engager une « mission d'inspection citoyenne ». En pleine mer !. À 16h, 4 zodiacs sont mis a l'eau. Nos quatre "Tuna Inspectors" montent à bord du Daniela. Ils tentent d’engager le dialogue avec un capitaine un peu effrayé et passablement nerveux. Pour tenter de le sécuriser, les journalistes qui avaient suivi redescendent. Nos inspecteurs peuvent alors questionner le capitaine sur sa cargaison et les raisons de sa présence ici. Ils n'obtiendront que très peu de vraies réponses : "Non, je n'ai pas de poisson a bord, mais je refuse de vous montrer mes cales! " "Oui, j'ai des pare-battages (sorte de pelochons gonflables destinés à amortir les chocs NDR) et des pneus le long de ma coque mais c'est parce qu'on peut toujours faire des rencontres!" "Non, je ne sais pas ou je vais après, je ne fais qu'attendre des ordres!" Visiblement, cette situation d'illégalité virtuelle, aucune raison ne pouvant expliquer sa présence à cet endroit-là à ce moment-là (NDR) le rend confus et pas du tout crédible.
Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il reste encore beaucoup à faire pour que les décisions de la communauté internationale, même lentes et timides, soient réellement appliquées sur le terrain, et que des contrôles soient effectués directement sur les bateaux ! Patrick.
Commentaires
1. Le jeudi 21 juin 2007 à 17:21, par francois-catz
2. Le jeudi 21 juin 2007 à 23:32, par Stéphan (Campagne océans GP France)
3. Le vendredi 22 juin 2007 à 10:31, par Julien
4. Le jeudi 28 juin 2007 à 21:06, par Sophie
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